Il avait tout donné. Dès son accession à l'Élysée en 2017, Emmanuel Macron proclamait solennellement l'égalité femmes-hommes "grande cause du quinquennat" : une formule forte, un engagement historique, des mots choisis avec soin lors de son discours. Et pourtant. Notre Institut a mesuré, au terme de dix ans de mandat, la reconnaissance électorale que les femmes françaises témoignent à cet homme qui leur a tant donné : 4% d'entre elles se déclarent prêtes à voter à nouveau pour lui.
Nos chercheurs ont vérifié ce chiffre à deux reprises. Il est exact. Ils s'en remettent difficilement.
Pour mesurer l'ampleur de l'ingratitude, rappelons ce qu'Emmanuel Macron a accompli pour les femmes de ce pays. Il a prononcé le mot "féminisme" à de très nombreuses reprises, y compris en anglais lors de sommets internationaux. Il a nommé plusieurs femmes à des postes gouvernementaux, certaines pendant plusieurs mois. Il a organisé un Grenelle des violences conjugales en 2019, dont les conclusions ont été saluées lors d'une conférence de presse très suivie. Il a réformé le système de retraites afin que les femmes puissent, comme les hommes, s'épanouir deux années supplémentaires avant de bénéficier d'un repos bien mérité. Une avancée en matière d'égalité que certaines, reconnaissons-le, ont eu du mal à percevoir comme telle.
Il a par ailleurs instauré l'index de l'égalité professionnelle, un outil de mesure dont la grande majorité des entreprises concernées ont obtenu une note satisfaisante, ce qui prouve que tout va mieux. Il a enfin, et c'est peut-être son legs le plus durable, constitutionnalisé le droit à l'avortement après s'y être opposé pendant six ans, certes, mais l'essentiel est d'arriver à bon port.
Face à ce bilan, le score de 4% laisse nos analystes sans voix. « On a relu nos chiffres. On a relu l'histoire du quinquennat. On ne voit pas », confesse le Dr. Gilles Torrent, politologue et consultant senior pour l'IFLOP, dans un souffle. « Objectivement, on ne voit pas. »
L'IFLOP ne juge pas les femmes françaises. Il constate simplement que dix ans de grande cause n'ont pas suffi à convaincre 96% de leurs bénéficiaires désignées. Peut-être aurait-il fallu un troisième mandat ?
Note méthodologique : Étude réalisée du 19 au 23 avril 2026 auprès de 1 femme, constituée en échantillon non représentatif de la population féminine française selon la méthode des quotas (âge, CSP, région, niveau d'exposition aux discours sur l'égalité femmes-hommes entre 2017 et 2027). La question posée était : "Si Emmanuel Macron était candidat à une prochaine élection, seriez-vous prête à voter pour lui ?" Marge d'erreur : ±284 points.