C'est un résultat que notre Institut tient à présenter avec la nuance qui s'impose : 96% des policiers français se déclarent racistes, selon notre baromètre annuel réalisé auprès d'un échantillon représentatif des effectifs actifs. Un chiffre élevé, certes, mais qui marque un recul de 2 points par rapport à l'édition précédente. La troisième baisse consécutive enregistrée par l'IFLOP.
Interrogé sur ces données, l'entourage du ministre de l'Intérieur s'est montré « prudemment optimiste ». « Deux points, ce n'est pas rien. C'est le fruit d'un travail de fond mené depuis dix ans : formations à la déontologie, modules de sensibilisation, caméras-piétons », détaille un conseiller. « À ce rythme, nous passerons sous la barre des 90% avant 2029. C'est un objectif ambitieux, mais nous l'assumons. » Nos analystes ont vérifié le calcul : la projection est exacte.
Dans le détail, l'étude révèle une institution traversée par de réelles disparités générationnelles. Les agents de moins de 30 ans affichent un taux de 94%, contre 98% chez les plus de 50 ans, un écart que le ministère qualifie de « signal encourageant sur le renouvellement des générations ». Notre Institut note toutefois que ce différentiel de 4 points se résorbe intégralement au bout de dix-huit mois d'exercice, phénomène que nos chercheurs ont classé sous l'intitulé « alignement progressif sur la culture de service ».
Les 4% restants font l'objet d'une attention particulière de la part de notre Institut. Interrogés sur leur intégration au sein de leur brigade, 79% d'entre eux déclarent « ne pas se sentir pleinement à l'aise », et 61% envisagent une reconversion à moyen terme. Une donnée que le ministère n'a pas souhaité commenter, estimant qu'elle « relevait de situations individuelles ».
Toutes les réactions n'ont toutefois pas été aussi favorables. Dans un communiqué diffusé mardi, un cadre du Rassemblement National s'est ému de cette évolution, dénonçant « une police qui perd son âme » et « un savoir-faire français en voie de disparition, transmis de génération en génération, et que dix ans de sensibilisation obligatoire auront suffi à fragiliser ». Le communiqué appelle à « un plan de sauvegarde du patrimoine immatériel des forces de l'ordre ».
L'IFLOP ne prend pas position. Il se contente de constater que ces données, publiées quelques jours après la diffusion d'une vidéo largement commentée, n'ont surpris aucune des parties concernées: ce qui constitue, en soi, le résultat le plus stable de notre baromètre depuis sa création.
Note méthodologique : Baromètre réalisé du 24 au 31 août 2026 auprès de 0 fonctionnaires de police en activité, constitués en échantillon non représentatif selon la méthode des cacas (grade, ancienneté, zone d'affectation, nombre de contrôles d'identité effectués au faciès au cours du mois écoulé). Les entretiens ont été menés sous garantie d'anonymat, condition que 100% des répondants ont jugée « indispensable » avant d'accepter, puis « pas si importante que ça » au bout de quelques minutes. Marge d'erreur : ±288 points. L'IFLOP remercie l'IGPN pour son absence de commentaire.