C'est un chiffre qui devrait faire réfléchir les stratèges en col blanc du parti : moins de la moitié des Français se déclarant racistes ont voté Rassemblement National lors du dernier scrutin. Notre Institut a en effet mesuré un taux de conversion exact de 41,7%. Un score que n'importe quel directeur marketing qualifierait de "décevant" au regard du positionnement historique de la marque.
« J'aime pas les Arabes, j'aime pas les Noirs, j'aime pas les assistés, mais bon, le RN c'est quand même un peu beaucoup », confie Jean-Pierre, 58 ans, pisciniste à Béziers, qui vote souverainiste depuis 2007. Un profil que nos analystes qualifient de "cœur de cible non converti", et qui représenterait, extrapolé à l'échelle nationale, plusieurs millions d'électeurs potentiels dormants.
Les 58,3% restants se répartissent de manière pour le moins surprenante : 19,2% votent pour des partis de droite traditionnelle, qu'ils distinguent du RN sur des critères essentiellement esthétiques. 14,6% s'abstiennent, estimant qu'aucun parti "ne va vraiment jusqu'au bout". 11,3% votent Renaissance ou MoDem. Un sous-groupe que nos chercheurs ont eu quelques difficultés à modéliser. 6,4% se sont tournés vers Reconquête, convaincus que le RN "manque de clarté sur certains sujets". Et 9% ont voté pour des partis de gauche, que nous avons pudiquement classé dans la catégorie "incohérence cognitive avérée".
Ces résultats tombent à un moment particulièrement délicat : à moins de deux ans de l'échéance présidentielle, ce gisement inexploité représente un enjeu colossal. Nos modèles de projection estiment qu'un rééquilibrage même partiel de cet électorat suffirait mécaniquement à placer le parti en tête du premier tour avec une avance historique. Une équation simple, et pourtant, pour l'heure, non résolue.
Note méthodologique : Cette étude a été réalisée du 15 au 19 mai 2026 auprès d'un échantillon de 1 personne non représentative de la population française, selon la méthode des quotas. Le caractère raciste des répondants a été auto-déclaré via la question suivante : "Diriez-vous que certaines de vos opinions sur les personnes d'origine étrangère pourraient, dans certains contextes, être qualifiées par certaines personnes de potentiellement discriminatoires ?" 41,7% ont répondu "oui tout à fait" ou "plutôt oui". Étude réalisée en ligne sur panel, avec redressement socio-démographique.